Au cœur d’un village corrézien réputé pour la pêche à la mouche, l’étage d’une ancienne grange ne servait plus à rien. Le rez-de-chaussée gardait son usage ; le niveau supérieur, lui, attendait un projet. Nous l’avons transformé en appartement locatif saisonnier, doublé d’une salle de réception.
Ce double usage n’est pas un compromis, c’est le cœur du projet. Un village de pêche vit à un rythme très marqué : quelques mois d’affluence, puis une longue saison creuse. Un logement touristique seul serait resté vide la moitié de l’année. En prévoyant dès la conception un espace capable d’accueillir des repas et des réunions de famille hors saison, le projet donne au lieu une rentabilité annuelle au lieu d’une rentabilité de quelques semaines — et évite à la propriété de devenir un volet fermé une partie de l’année.
Aménager un étage de grange pose des questions que l’on ne rencontre pas dans une construction neuve. Le volume est généreux mais brut ; la charpente est souvent l’élément le plus beau du lieu, et l’on cherche à la garder visible plutôt qu’à la masquer sous un plafond. Les percements sont rares et petits, hérités d’un usage agricole qui n’avait pas besoin de lumière — c’est presque toujours là que se joue la réussite d’une reconversion : trouver comment faire entrer le jour sans dénaturer une façade de pierre.
Le parti a été de préserver le caractère du bâti — la pierre, le bois, les proportions de la grange — en y insérant les équipements d’un logement contemporain. Le confort se loge dans le volume existant ; il ne le réécrit pas.
Une reconversion de patrimoine rural qui illustre notre approche de l’existant : lire ce qu’un bâtiment sait déjà faire, avant de décider ce qu’on va lui demander.